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Christine Renardy

Le Livre des morts du Neufmoustier à Huy 1130-1787, Bruxelles, Commission royale d’Histoire, 2017, 270 p. (ISBN 978-2-87044-015-5) (Collection grand in-8°, C26).

L’auteur
Née le 6 février 1948, Christine Renardy a obtenu sa licence en Histoire à l’Université de Liège. Après avoir travaillé trois ans pour le compte de la Commission royale d’Histoire à la rédaction du "Nouveau Potthast" (Répertoire critique des sources narratives du Moyen Âge), elle est devenue en 1972 assistante des professeurs Fernand Vercauteren et André Joris au séminaire d’Histoire du Moyen Âge à l’Université de Liège. En octobre 1977, elle a défendu une thèse doctorale sur "Le monde des maîtres universitaires du diocèse de Liège jusqu’en 1350", publiée en deux volumes en 1979 et 1981. Nommée archiviste de la Ville de Liège en avril 1978, elle a dirigé ce service jusqu’en 2007, moment où les autorités communales lui ont confié la gestion de l’ensemble des collections relevant du patrimoine culturel. Enfin, en 2009, elle a été chargée de la coordination générale du département de la Culture et du Tourisme, poste qu’elle a occupé jusqu’à sa pension.

Résumé
Dans les premières années du XIIe siècle, une communauté mixte s’est spontanément constituée dans un faubourg de la ville de Huy, probablement en mémoire du prêtre Pierre dit l’Ermite. Le 21 septembre 1130, l’évêque de Liège Alexandre Ier consacre l’église du Neufmoustier, qui vient d’y être construite. Il est prouvé que, dès ce moment, les religieux suivent la règle de saint Augustin. Le manuscrit du liber capituli de ce chapitre régulier est heureusement conservé, mais a souffert de détériorations. Conçu vers 1130, il a été complété au fil des siècles ; pour ce qui regarde sa partie nécrologique, jusqu’en 1787. Au Bas Moyen Âge, ce répertoire mortuaire compte de nombreuses données permettant d’enrichir nos connaissances en matière d’histoire urbaine, économique et sociale, mais aussi pour l’étude des mentalités, du culte et de la liturgie, sans oublier celle de l’orfèvrerie mosane. À partir de la fin du XVe siècle, les mentions se font en effet rares et épisodiques pour les laïcs – huit personnes seulement – le répertoire étant réservé de facto aux dignitaires et à quelques membres du chapitre hutois. La présente édition du "Livre des morts du Neufmoustier" est pour l’essentiel basée sur le manuscrit original conservé au Grand Curtius ; les lacunes provoquées par la perte de certains folios ont pu être en grande partie compensées par des copies réalisées par un chantre du chapitre à la fin du XVIIe siècle et conservées aux Archives de l’État de Liège (fonds du Neufmoustier).

Patricia Van den Eeckhout & Guy Vanthemsche, eds.

Sources pour l’étude de la Belgique contemporaine, 19e-21e siècle, Bruxelles, Commission royale d’Histoire, 2017, 2 vol., 1844 p. (ISBN: 978-2-87044-014-8; prix: 64 €).

Notre société produit un flux incessant de documents, d’images et d’autres sources. Il n’est pas facile de maîtriser cette masse croissante d’informations. Ce livre se présente comme un « guide de voyage » dans ce dédale : il offre un aperçu systématique ainsi qu’une analyse critique des sources qui ont été produites en Belgique depuis le début du 19e siècle jusqu’à nos jours, tant par les institutions publiques que par les organisations privées. Il abord à la fois les sources d’archives et les documents imprimés et digitaux. De nombreux individus ont également produit des sources importantes ; cette production trouve également sa place dans le présent ouvrage, tout comme les sources non écrites (photographies, films, témoignages oraux, bâtiments, objets, cartes et plans).
Cet ouvrage inclut les sources les plus récentes. Il est donc un instrument de recherche indispensable, non seulement pour les historiens, les étudiants en histoire et les archivistes, mais également pour les journalistes, les documentalistes, les bibliothécaires et les chercheurs en sciences de la communication, en sociologie, en sciences politiques, en économie et en droit. 
Plus de 60 spécialistes, attachés à diverses universités et institutions de recherche et d’archives du pays ont apporté leur concours à l’élaboration de ce livre. Un index détaillé des noms de personnes, d’auteurs et de matières, établi par Stijn Meersseman, facilite l’utilisation de cet instrument de recherche.

Les éditeurs:

Patricia Van den Eeckhout enseigne l’histoire et la rhétorique politique à la Vrije Universiteit Brussel. Elle a publié sur l’historiographie de l’histoire sociale et sur l’histoire du logement social, des revenus ouvriers, de la consommation, de la publicité, du temps libre, des statistiques sociales, des contremaîtres, du commerce de détail (notamment Delhaize), du travail et des relations du travail, notamment dans l’horeca (voir entre autres "Waiters, Waitresses, and their Tips in Western Europe before World War I", in International Review of Social History, 2015, p. 349-378)

Guy Vanthemsche est professeur d’histoire contemporaine à la Vrije Universiteit Brussel. Il est un spécialiste de l’histoire sociale, économique et politique de la Belgique contemporaine. Il a consacré plusieurs ouvrages à ce sujet, notamment La Sabena et l’aviation commerciale belge 1923-2001, Bruxelles, De Boeck, 2001 et Belgium and the Congo 1880-1980, Cambridge, Cambridge University Press, 2012.

Bulletin de la Commision royale d’Histoire, 2016 (182), 419 p.

Alain Lottin

"L’Héraclée flamen et catholicque" par Frère Jean De Le Barre, religieux du monastère de la bienheureuse Vierge Marie à Loos-Lez-Lille. Tome 1: La guerre entre la France et l’Espagne et en Europe (1636-1649), Bruxelles, Commision royale d’Histoire, 2017, 371 p. (ISBN: 978-2-87044-012-4)

Résumé - L’Héraclée flamen (L’Hercule flamand): ce titre ésotérique est un hommage au comte de Bucquoy, vainqueur des protestants à Prague. Ce livre contient la transcription annotée et commentée du manuscrit 319 du fonds patrimonial de la bibliothèque municipale de Lille, intitulé l’« Héraclée flamen et catholicque », consacré essentiellement à la guerre franco-espagnole de 1636 à 1649 et à la guerre en Europe jusqu’aux traités de Westphalie (1648). Son auteur, Jean de le Barre, est un religieux cistercien de l’abbaye de Loos-lez-Lille, détaché comme père-confesseur à l’abbaye du Vivier à Wancourt près d’Arras. C’est là qu’à partir de 1636, il vit, aux avant-postes, la guerre « pépinière de tous maux », les invasions de l’Artois et la prise d’Arras (1640) par les Français. Après 1643, il se réfugie avec une partie des religieuses à Douai. Jean de le Barre, comme ses contemporains, pense que la guerre est un fléau de Dieu. La France et ses alliés hollandais, suédois, protestants allemands, conduits par la politique machiavélique de deux « monstrueux » ministres, Richelieu et Mazarin qui, pourtant cardinaux de l’Église romaine, subordonnent la religion à l’État. Pour lui Dieu ne peut avoir abandonné les Habsbourg de Madrid et de Vienne, remparts de la chrétienté contre « l’ennemi commun », les Turcs. Grande est sa déception de voir la guerre entre la France et l’Espagne continuer après la paix de Westphalie. L’auteur rapporte les combats, les terribles  violences subies par les populations civiles, pillages, rapts, viols, exécutions, incendies d’églises et de villages par des mercenaires des deux côtés. En 1645, en Artois « plus de la mitan des hommes étaient morts par la guerre et contagion. On ne voyoit que des loups ». Ce témoignage exceptionnel introduit, transcrit et annoté par le professeur Alain Lottin et doté d’un volumineux index est paru en mai 2017. En 2010, la Commission royale d’Histoire de Belgique a publié la chronique intégrale de P.I. Chavatte, ouvrier lillois au temps de Louis XIV, ouvrage qui en 2011 obtint la médaille de vermeil de l’Académie française.

L’auteur/éditeur :
Alain Lottin, docteur en Histoire, a été président de l’Université de Lille III de 1986 à 1991 puis de l’Université d’Artois de 1996 à 2000.